Faire classer son meublé de tourisme consiste à obtenir une note de 1 à 5 étoiles auprès d'un organisme accrédité, après une visite d'inspection fondée sur une grille nationale de 133 critères. Le classement est volontaire, valable 5 ans, et distinct du numéro d'enregistrement et de l'autorisation de changement d'usage. Depuis la loi Le Meur du 19 novembre 2024, son intérêt est d'abord fiscal : un meublé classé conserve un abattement micro-BIC de 50 %, contre 30 % seulement pour un meublé non classé. Voici la procédure complète et ce qu'elle rapporte réellement.
Le classement est un dispositif national, piloté par le ministère chargé du Tourisme et Atout France, qui évalue le niveau de confort et d'équipement d'un meublé de tourisme et lui attribue de 1 à 5 étoiles. La démarche est volontaire et à l'initiative du propriétaire. Elle repose sur une grille de 133 critères répartis en trois grands chapitres : les équipements et aménagements, les services au client, l'accessibilité et le développement durable.
Attention à ne pas confondre trois obligations bien distinctes. Le classement en étoiles est facultatif. Le numéro d'enregistrement à 13 chiffres, lui, est obligatoire sur toutes les plateformes depuis le 20 mai 2026. Enfin, l'autorisation de changement d'usage relève de votre commune et concerne le droit même de louer en courte durée. Le classement ne remplace ni l'un ni l'autre.
Une fois obtenu, le classement est valable 5 ans. Au terme de cette période, une nouvelle visite est nécessaire pour le conserver, ainsi que les avantages qui y sont attachés.
La première étape consiste à choisir un organisme de contrôle accrédité par le Cofrac, ou réputé accrédité. La liste officielle est accessible depuis le portail d'Atout France et compte une cinquantaine de structures, dont plusieurs réseaux nationaux. Vous pouvez, en amont, réaliser une auto-évaluation pour estimer le nombre d'étoiles atteignable.
Vient ensuite la visite d'inspection, sur place. L'inspecteur passe en revue la grille de 133 critères. Certains sont obligatoires, d'autres sont des critères à points optionnels qui permettent de compenser quelques lacunes tout en atteignant la catégorie visée. La surface, la literie, l'équipement de la cuisine, la salle de bain, l'information du voyageur et les démarches environnementales sont notamment examinés.
À l'issue de la visite, l'organisme vous adresse une proposition de décision de classement. Vous disposez de 15 jours pour la refuser. Sans refus de votre part, le classement est acquis pour 5 ans. Vous mettez alors à jour votre déclaration en mairie afin que la catégorie obtenue soit enregistrée.
La loi Le Meur impose par ailleurs la présentation d'un diagnostic de performance énergétique (DPE) pour les meublés de tourisme. Pour le détail des seuils et du calendrier applicables à votre logement, adressez-vous à un diagnostiqueur certifié.
Le coût de la visite dépend de l'organisme et de la taille du logement. Il est généralement compris entre 150 et 350 euros, auxquels peuvent s'ajouter de menus frais administratifs. Ce tarif est libre : demandez un devis à l'organisme avant de vous engager.
Côté délais, comptez quelques semaines entre la prise de contact, la visite et la notification. Rapporté à l'avantage fiscal, dont nous parlons plus bas, cet investissement est le plus souvent amorti dès la première année de location.
C'est ici que se joue l'essentiel. Depuis la loi Le Meur, pour les revenus 2025 déclarés en 2026, le régime micro-BIC distingue nettement les deux situations. Un meublé de tourisme non classé n'ouvre plus droit qu'à un abattement forfaitaire de 30 %, avec un plafond de recettes de 15 000 euros par an. Un meublé classé conserve, lui, un abattement de 50 %, avec un plafond nettement plus élevé, de 83 600 euros en 2026. Au-delà de 15 000 euros de recettes, un meublé non classé ne peut plus recourir au micro-BIC et bascule au régime réel.
Prenons un exemple d'illustration. Sur 12 000 euros de recettes annuelles, la base imposable ressort à 8 400 euros pour un meublé non classé (abattement de 30 %), contre 6 000 euros pour un meublé classé (abattement de 50 %). Soit 2 400 euros de revenu imposable en moins chaque année. Pour un foyer dont la tranche marginale d'imposition est de 30 %, prélèvements sociaux compris (18,6 % pour un loueur non professionnel), l'écart représente de l'ordre de 1 150 euros par an. Ce montant n'est qu'une illustration du mécanisme et dépend de votre situation.
Le classement joue aussi sur la taxe de séjour, calculée au forfait selon la catégorie d'étoiles pour un meublé classé, et souvent de façon proportionnelle, donc parfois moins favorable, pour un meublé non classé. Certaines communes prévoient en outre des exonérations, par exemple dans les zones de revitalisation rurale. Renseignez-vous auprès de la vôtre.
L'abattement de 50 % n'est pas toujours la formule la plus avantageuse. Si vos charges réelles et l'amortissement de votre bien dépassent la moitié de vos recettes, le régime réel (LMNP) peut réduire davantage votre imposition.
Au régime réel, vous déduisez vos charges pour leur montant réel et vous amortissez le bâti, hors terrain, soit environ 85 % de la valeur du bien. Attention toutefois : l'amortissement ne peut pas créer de déficit (article 39 C II du code général des impôts). Il est reportable et vient réduire vos résultats des années suivantes.
Même dans ce cas, le classement garde tout son intérêt : il relève le plafond du micro-BIC à 83 600 euros et améliore votre traitement de la taxe de séjour. Pour comparer précisément micro-BIC et régime réel sur votre propre projet, nous détaillons les deux régimes dans notre guide dédié à la fiscalité du meublé de tourisme.
Faire classer votre meublé est une démarche de qualité et d'optimisation fiscale. Elle ne vous donne pas pour autant le droit d'exploiter. Si le logement est votre résidence principale, vous pouvez le louer jusqu'à 120 jours par an sans changement d'usage. S'il s'agit d'une résidence secondaire, un changement d'usage est requis, avec compensation là où la commune l'impose.
À Annecy, le marché est très contraint. La ville a plafonné le nombre de meublés de tourisme autour de 2 660, contre environ 6 400 en 2024, avec changement d'usage et compensation obligatoires. Un bien acheté aujourd'hui n'obtiendra probablement pas d'autorisation : vérifiez systématiquement les règles auprès de la mairie avant tout projet.
À Toulouse, la logique diffère. Marché d'affaires et de congrès, notamment autour de l'aéronautique et du parc des expositions MEETT, et ville étudiante, la métropole connaît une demande plus régulière sur l'année, moins saisonnière qu'à Annecy. Là encore, les règles locales exactes se vérifient en mairie.
Une fois le bien classé et l'exploitation autorisée, reste la gestion au quotidien : annonces, accueil des voyageurs, ménage, linge. C'est précisément ce que prend en charge une conciergerie, pour que le classement obtenu se traduise en confort de gestion.
Non, le classement en étoiles reste une démarche volontaire. Mais depuis la loi Le Meur, un meublé non classé ne bénéficie plus que d'un abattement micro-BIC de 30 %, contre 50 % pour un meublé classé. Le numéro d'enregistrement à 13 chiffres, lui, est bien obligatoire sur les plateformes depuis le 20 mai 2026.
Le classement est valable 5 ans à compter de sa notification. Pour le conserver au-delà, ainsi que les avantages fiscaux associés, vous devez faire réaliser une nouvelle visite d'inspection par un organisme accrédité.
L'abattement micro-BIC de 50 % s'applique dès lors que le meublé est classé, quel que soit le nombre d'étoiles, de 1 à 5. Les étoiles jouent surtout sur votre positionnement commercial et sur le calcul de la taxe de séjour, pas sur le taux d'abattement.
Non. Le classement est indépendant du droit d'exploiter. Une résidence principale peut être louée jusqu'à 120 jours par an sans changement d'usage. Une résidence secondaire nécessite un changement d'usage, avec compensation selon la commune. Dans une ville très contrainte comme Annecy, l'autorisation est loin d'être acquise : renseignez-vous en mairie.
Un organisme de contrôle accrédité par le Cofrac, ou réputé accrédité, que vous choisissez sur la liste officielle publiée via Atout France. C'est lui qui effectue la visite d'inspection et propose la décision de classement.