Location nue ou meublée en 2026 : que choisir ?

En 2026, choisir entre location nue et location meublée ne se résume plus à comparer deux abattements. Les réformes de 2025 et 2026 ont rebattu les cartes : réintégration des amortissements dans la plus-value LMNP, création du statut du bailleur privé pour la location nue, durcissement des meublés de tourisme. Le régime le plus pertinent dépend désormais de votre tranche marginale d'imposition (TMI), de votre horizon de détention et du type de bien.

Ce qu'il faut retenir

Deux régimes, deux logiques fiscales

La distinction structure toute la fiscalité de votre projet. En location nue (bien loué non meublé, généralement en résidence principale avec un bail de 3 ans), les loyers sont des revenus fonciers, imposés au micro-foncier ou au régime réel. En location meublée, les loyers relèvent des bénéfices industriels et commerciaux (BIC) sous le statut de loueur en meublé non professionnel (LMNP), avec le choix entre micro-BIC et réel. La différence majeure pendant l'exploitation : le meublé au réel permet d'amortir le bien et le mobilier, ce qui efface souvent l'impôt sur les loyers pendant de longues années. La location nue, elle, joue davantage sur la déduction des charges et le mécanisme du déficit foncier. Le meublé offre aussi une souplesse de gestion (bail d'un an, préavis plus courts), quand la location nue rassure par sa stabilité locative.

La location nue en 2026 : micro-foncier, réel et déficit foncier

Le micro-foncier s'applique automatiquement jusqu'à 15 000 € de revenus fonciers bruts par an, avec un abattement forfaitaire de 30 % (source : Trackstone). Au-delà de ce seuil, ou sur option quand vos charges dépassent 30 %, vous passez au régime réel : vous déduisez alors les charges effectives (intérêts d'emprunt, travaux d'entretien, taxe foncière, assurance, frais de gestion). Le régime réel ouvre le déficit foncier : lorsque vos charges dépassent vos loyers, le déficit s'impute sur votre revenu global à hauteur de 10 700 € par an, le surplus étant reportable pendant 10 ans sur vos seuls revenus fonciers (source : Finalib). Attention : le relèvement temporaire à 21 400 € était réservé aux travaux de rénovation énergétique réalisés entre 2023 et 2025 et ne s'applique pas au-delà sans prorogation votée, à vérifier au moment de votre projet. La location nue au réel est donc l'arme des investisseurs à forte TMI qui achètent avec travaux.

La location meublée (LMNP) en 2026 : micro-BIC ou réel

Pour la location meublée longue durée, le micro-BIC reste inchangé en 2026 : seuil de 77 700 € de recettes et abattement de 50 % (source : Smartloc). Au-delà, ou sur option, le régime réel BIC permet de déduire les charges réelles et surtout d'amortir le bien et le mobilier, réduisant fortement, voire à zéro, l'impôt sur les loyers pendant l'exploitation. Un point de vigilance essentiel : la baisse à 15 000 € de recettes et 30 % d'abattement introduite par la loi Le Meur (loi de finances 2025) ne concerne que les meublés de tourisme non classés, type saisonnier. Le meublé de tourisme classé conserve un abattement de 50 % (seuil historique de 77 700 €, revalorisé selon une source à environ 83 600 € pour les revenus 2026, chiffre à recouper). La location meublée classique de longue durée n'est pas touchée par ces baisses : de nombreux articles grand public confondent les deux, c'est une erreur fréquente.

Ce qui a changé en 2025 et 2026

Trois évolutions pèsent sur l'arbitrage. D'abord, la réforme LMNP de la loi de finances 2025 (article 84, loi n° 2025-127) : depuis les cessions réalisées à compter du 15-16 février 2025, les amortissements déduits pendant l'exploitation sont réintégrés dans le calcul de la plus-value à la revente, sans clause de grand-père (les amortissements antérieurs comptent aussi), selon LégiFiscal. Les résidences étudiantes, seniors et EHPAD en sont exonérées, et les abattements pour durée de détention continuent de jouer (exonération d'impôt sur le revenu à 22 ans, de prélèvements sociaux à 30 ans). Le LMNP n'est donc pas supprimé : seul le coût fiscal à la revente augmente (source : Anderlaine). Ensuite, la location nue gagne un dispositif dédié, le statut du bailleur privé (SBP), aussi appelé dispositif Jeanbrun (voir bloc suivant). Enfin, la réforme du DPE au 1er janvier 2026 modifie l'accès à la location de certains biens.

Le statut du bailleur privé (dispositif Jeanbrun) : un atout pour la location nue

Adopté dans la loi de finances 2026 (via l'article 49.3, promulgation au Journal officiel autour du 20-21 février 2026), le statut du bailleur privé est du droit en vigueur (source : Lefebvre Dalloz Compétences). Le terme dispositif Jeanbrun n'est pas une confusion : c'est le nom médiatique du SBP, d'après Vincent Jeanbrun, ministre délégué au Logement (source : Maslow). Son mécanisme central : un amortissement du bien en location nue (résidence principale du locataire, hors meublé et saisonnier), sur une base de 80 % du prix d'acquisition, avec des taux annuels situés selon les sources autour de 3 à 5,5 %, en contrepartie d'un engagement de location (de l'ordre de 9 ans) et de plafonds de loyers et de ressources. Il s'appliquerait aux acquisitions et baux conclus jusqu'à fin 2028. Ce dispositif rapproche la location nue de la logique amortissable du meublé au réel. Prudence toutefois : les taux définitifs par palier de loyer et une partie des décrets d'application (notamment pour l'ancien avec travaux) restaient à préciser au deuxième trimestre 2026, à confirmer sur Légifrance et au BOFiP avant tout engagement.

Tableau comparatif nu vs meublé (2026)

Voici une synthèse à lire ligne par ligne. Nature des revenus : location nue = revenus fonciers ; location meublée = BIC (LMNP). Régime forfaitaire : nue = micro-foncier, seuil 15 000 €, abattement 30 % ; meublé longue durée = micro-BIC, seuil 77 700 €, abattement 50 %. Régime réel : nue = déduction des charges et déficit foncier (10 700 €/an sur le revenu global) ; meublé = déduction des charges plus amortissement du bien et du mobilier. Levier fiscal principal : nue = déficit foncier et, désormais, amortissement via le statut du bailleur privé sous conditions ; meublé = amortissement dès le régime réel, sans plafond de loyer. Impact à la revente : nue = plus-value classique avec abattements pour durée de détention ; meublé = plus-value alourdie depuis 2025 par la réintégration des amortissements. Souplesse du bail : nue = bail de 3 ans, gestion plus stable ; meublé = bail d'un an, rotation plus rapide. Ce tableau ne remplace pas une simulation chiffrée sur votre projet réel.

Comment trancher selon votre TMI, votre horizon et le bien

Trois questions guident la décision. Votre TMI : au-delà de 30 %, l'effacement d'impôt permis par l'amortissement (meublé au réel, ou location nue via le statut du bailleur privé) devient déterminant ; en dessous, le micro-BIC à 50 % ou le micro-foncier peuvent suffire par leur simplicité. Votre horizon : si vous visez une revente à moyen terme, la réintégration des amortissements dans la plus-value LMNP peut réduire l'avantage du meublé, tandis que la location nue conserve une plus-value plus lisible ; si vous détenez sur le très long terme (jusqu'aux abattements maximaux), l'écart s'atténue. Le type de bien enfin : un studio meublé proche d'une université ou d'un pôle d'emploi valorise le meublé et sa demande locative ; un appartement familial à rénover, dans une zone éligible aux plafonds du statut du bailleur privé, oriente vers la location nue au réel. L'objectif de rendement net visé chez Clé en Main (7 à 10 % selon la ville, la stratégie et la fiscalité) se construit précisément à ce croisement.

Le DPE, filtre incontournable avant de choisir

Aucun arbitrage fiscal ne tient si le bien ne peut pas être loué. Le calendrier issu de la loi Climat et Résilience interdit à la location les logements classés G depuis le 1er janvier 2025, les F à partir du 1er janvier 2028 et les E à partir du 1er janvier 2034, avec un calendrier décalé en outre-mer (source : Hellio). Bonne nouvelle pour 2026 : la réforme du DPE au 1er janvier 2026 abaisse le coefficient de conversion de l'électricité de 2,3 à 1,9, ce qui ferait sortir environ 850 000 logements du statut de passoire thermique sans travaux, essentiellement des biens chauffés à l'électricité (source : Ublo). Ce paramètre change la donne : un bien au chauffage électrique reclassé peut redevenir louable et éligible aux régimes évoqués. Vérifier le DPE actualisé, puis choisir le régime fiscal : jamais l'inverse.

Questions fréquentes

Le LMNP a-t-il été supprimé en 2026 ?

Non. Le régime LMNP est maintenu en 2026. Ce qui a changé depuis la loi de finances 2025, c'est le coût fiscal à la revente : les amortissements déduits pendant l'exploitation sont réintégrés dans le calcul de la plus-value, ce qui alourdit l'imposition à la cession. La déductibilité des amortissements pendant la détention, elle, reste en place (sources : LégiFiscal, Anderlaine).

Le micro-BIC de la location meublée longue durée passe-t-il à 15 000 € ?

Non, c'est une confusion fréquente. La baisse à 15 000 € et 30 % d'abattement (loi Le Meur, loi de finances 2025) vise uniquement les meublés de tourisme non classés, type saisonnier. La location meublée classique de longue durée conserve un seuil de 77 700 € et un abattement de 50 % (source : Smartloc).

La location nue permet-elle désormais d'amortir le bien ?

Oui, sous conditions, grâce au statut du bailleur privé (dispositif Jeanbrun), en vigueur depuis la loi de finances 2026. Il ouvre un amortissement sur une base de 80 % du prix, en contrepartie de plafonds de loyers et de ressources et d'un engagement de location. Certains décrets et taux définitifs restaient à préciser mi-2026, à confirmer sur Légifrance et au BOFiP (sources : Lefebvre Dalloz, Maslow).

Qu'est-ce que le déficit foncier en location nue ?

Au régime réel, si vos charges déductibles dépassent vos loyers, le déficit s'impute sur votre revenu global à hauteur de 10 700 € par an, le surplus étant reportable 10 ans sur vos revenus fonciers. Le relèvement temporaire à 21 400 € ne concernait que les travaux énergétiques réalisés entre 2023 et 2025 (source : Finalib).

Nu ou meublé : lequel choisir selon ma TMI ?

En schématisant, une TMI élevée (30 % et plus) valorise les mécanismes d'amortissement (meublé au réel, ou location nue via le statut du bailleur privé), qui effacent l'impôt sur les loyers. Une TMI plus basse peut se satisfaire du micro-BIC à 50 % ou du micro-foncier à 30 %, plus simples. Une simulation chiffrée sur votre projet reste indispensable.

Le DPE peut-il empêcher mon projet locatif ?

Oui. Les logements G sont interdits à la location depuis 2025, les F le seront en 2028 et les E en 2034. Mais la réforme du DPE au 1er janvier 2026 (coefficient électricité abaissé de 2,3 à 1,9) reclasse environ 850 000 logements hors du statut de passoire, souvent des biens chauffés à l'électricité (sources : Hellio, Ublo). Vérifiez le DPE actualisé avant tout arbitrage.